
Joyeux Seollal.
Même après plusieurs années en Corée, je reste toujours relativement perturbé par un phénomène étrange : la nouvelle année commence ici en Janvier où Février selon les humeurs de la lune. J’ai beau savoir que le 1er Janvier n’a presque pas de signification pour les Coréens, je reste sans doute le seul idiot à souhaiter avec enthousiasme la nouvelle année en Décembre à mes amis et mes collègues qui me regardent avec au mieux l’air amusé, au pire l’air consterné Il m’est d’ailleurs difficile de convaincre des amis de rester jusqu’à minuit le 31 Décembre au soir, comme si cela n’avait guère d’importance de voir le passage sur l’horloge.
C’est une période très difficile à vivre finalement, un décalage complet entre ces plus profondes habitudes propres, ces amis en France qui vous racontent leurs plans pour le réveillon etc… et la société Coréenne qui fait comme si de rien n’était. Je pensais donc tenir ma revanche avec Seollal, le nouvel an lunaire qui est considéré bien souvent comme le vrai changement de nouvelle année en Corée.
On retrouve à l’occasion de cette période ce que l’on peut voir en France durant les fêtes : les courses de dernières minutes, les exodes humains pour aller passer ces fêtes en familles, la totalité des magasins fermés… Je pensais pouvoir donc faire le malin en signifiant outrageusement à mon entourage Coréen que c’était mon tour de n’en avoir rien à faire et de continuer comme si rien ne se passait.
C’était sans compter sur la gentillesse, à son tour outrageante, d’un Coréen moyen. Cela faisait bien une semaine que je répétais donc avec un petit air détaché, que je passerais mon week-end prolongé de nouvel an à voir des amis et à me reposer au chaud chez moi. Je me permettais même, comble de mon impudence, de me moquer gentiment de ceux qui allait devoir passer des heures dans les bouchons pour aller manger des gâteaux de riz avec leur famille.
Seulement voilà, mon boss a semblé bien embêté que je sois ainsi seul (et en paix) pendant cette période faste de retrouvailles familiales N’écoutant que son grand coeur,